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PS: Décharge ton sac, tu ne déménages pas.
Je jetai un coup d'½il au contenu de mon sac. Cadèl avait peut-être raison, je ne voyais pas l'utilité d'une souris d'ordinateur pendant ma quête (surtout quand on a ni l'écran, ni l'unité centrale qui va avec).
Une fois mon sac prêt, je pris les clés posées sur la table basse du salon et ouvris la porte. Je jetai un dernier regard à mon appartement, que je risquais de ne pas revoir avant plusieurs semaines et une nostalgie soudaine s'empara de moi. Il me semblait revoir la première fois que Cadèl était venu ici. Cela faisait désormais quatre ans qu'il avait dit avec un sourire amusé: « C'est...charmant ici! » A l'époque, je n'avais pas encore réaménagé l'appartement après que soit partit l'ancien propriétaire, un punk très hard qui n'avait mis que des papiers peints de couleurs sombres et qui m'avait gentiment laissé ses affiches pornographiques accrochées sur les murs du salon. Je me souvins encore de ce jour, qui avait failli changer toutes mes relations avec Cadèl. Je le connaissais depuis deux ans déjà. Je vivais ma dix-septième année et Cadèl allait avoir 22 ans. Je n'étais pas encore guéri de l'amour silencieux que j'éprouvais pour Cadèl a l'époque. Je rougis encore en pensant à l'attirance subite que j'avais eu pour lui lorsqu'il m'avait consolé après la mort de maman. J'étais devenue son amie mais deux ans plus tard, j'étais toujours amoureuse de lui. Et puis, ce jour là, lorsqu'il était venu visité l'appartement, je l'avais trouvé différent. Il fuyait mon regard et semblait mal à l'aise. Plus tard, nous nous étions retrouvé à parler sur le canapé des aménagements prévu dans le salon. Je ne sais pas si c'était à cause des affiches douteuses aux murs, ou parce que j'avais changé de rouge à lèvres, mais Cadèl m'a subitement ramené contre lui et je me suis retrouvé à l'embrasser. Cela faisait tellement longtemps que j'en rêvais que je ne l'en ai pas empêché. Peut-être que nous aurions été plus loin si le portable de Cadèl n'avait pas sonné. C'était un de ses amis qui lui demandait si il devait se réconcilier avec son ex petite amie. Après lui avoir expliqué qu'il était occupé et qu'il le rappellerait, Cadèl m'avait regardé d'un air confus. Nous nous mîmes ensuite d'accord de ne pas gâcher notre amitié et d'oublier ce qui venait de se passer. Et lorsque le lendemain je vins dîner chez lui, ce fut comme si, effectivement, il avait oublié ce qui s'était passé la veille. La question n'avait plus jamais été abordé et peu à peu, nos sentiments s'étaient estompés et notre amitié s'était renforcé. Je me demandai encore ce que aurait été ma vie si ce baiser n'avait pas été interrompu. Peut-être que...nous serions mariés à l'heure qu'il est? Je rougis presque instantanément en m'imaginant embrasser Cadèl en robe de mariée devant une assemblée applaudissant à tout rompre. Je fermai la porte de l'appartement à double tour et tentai de chasser cette image de ma tête. Lorsqu'elle disparut enfin, j'était déjà au rez-de-chaussée. Rassurée, je me dis que cette pensée était absurde et que Cadèl m'éviterai si il avait su que je l'avais ne serait ce qu' imaginée. Mais ce que je ne sus jamais, c'est que Cadèl l'avait pensé en même temps que moi mais que lui, il n'avait pas réussi à l'oublier...
Je le repérai avant même de sortir de l'immeuble. Il était assis sur un muret de briques, près du parking, ses jambes se croisant et se décroisant d'un geste nerveux. Ses boucles noires voletaient légèrement sous la brise et ses yeux océan se perdaient dans le bleu infini de l'azur. Il était très beau ainsi, et mes joues rosirent imperceptiblement. Je le rejoignis silencieusement. Il ne m'avait pas vu, mais lorsque je fus à quelques mètres de lui, je vis ses oreilles bouger étrangement, comme les chiens lorsqu'ils entendent un bruit suspect. L'instant d'après, il avait les yeux sur moi. Était-ce encore un pouvoir étrange de son peuple? Peut-être qu'ils n'avaient pas vraiment apparence humaine, sur sa planète? Je tressaillis en imaginant Cadèl avec une queue et des moustaches. Il se releva lentement et m'adressa un sourire rassurant.
« Je vois que tu es enfin prête. Nous pouvons partir à présent.
-Excuse moi, l'interrompis-je, mais où allons nous?
-Nous allons d'abord commencer par le plus proche. L'Émeraude se trouve en Amazonie. C'est sur Terre, donc autant le faire tout de suite.
-Pardonne moi de te couper dans ton élan, mais comment on y va en Amazonie? Tu dis cela comme si on pouvait y aller à pied! Je n'ai pas assez d'argent pour payer un billet d'avion et il faudrait des mois de travail pour pouvoir se payer un tel voyage!
-Rassure toi, ce sera beaucoup plus rapide à ma manière, m'assura Cadèl avec un sourire enchanteur, tout ce que tu as à faire, c'est te coller contre moi. Je ferais le reste. »
J'étais un peu incertaine devant la proposition de Cadèl mais je ne pouvais que lui faire confiance. Je vins me blottir contre lui et je sentis un de ses bras s'enrouler autour de moi.
« Accroche toi bien, ça va secouer! » m'annonça-t-il avec amusement.
Il leva son autre bras un peu au dessus de ma tête et claqua des doigts. Aussitôt, l'immeuble devint flou, puis j'eu la curieuse impression qu'on me poussait vers le haut. Subite envie de vomir. Elle passa très rapidement et, pour éviter qu'elle ne revienne, je fermai les yeux. Soudain, dans un petit claquement sonore, le paysage se reprécisa et je me stabilisai dans les airs. Je me décidai à ouvrir les yeux et fut aussitôt subjugué par la forêt qui s'étalait sous mes pieds. L'Amazone serpentait entre les arbres, et un soleil de plomb surplombait le tout, me donnant immédiatement une bouffée de chaleur. Je m'accrochai de mon mieux à Cadèl, car après tout, le sol était à vingt mètres en dessous de nous. Une force mystérieuse nous empêcha de tomber, et cette même force semblait nous tirer doucement vers le bas. Rassurée, je vis la terre se rapprocher, puis je distinguai vaguement la boue qui jonchait le sol, pensai une courte seconde à mes chaussures toutes neuves, puis, de nouveau consciente de mon poids, m'étalai de tout mon long dans la vase. Le goût exécrable de la boue vint se coller à mon palais et je ne pus soulever mes paupières alourdies par la terre. Après avoir longtemps craché pour faire disparaître le goût et avoir essuyé mes yeux, je tentai de me relever, mais glissai misérablement dans la gadoue. Je sentis deux mains fermes m'agripper aux aisselles et me soulever avec force. Lorsque je tournai la tête, je me retrouvai face à face avec un Cadèl tout souriant et, bizarrement, impeccable. Je vis alors qu'il flottait à quelques centimètres du sol.
« Je n'allais quand même pas salir mes chaussures! »
Il eut un fou rire en constatant que, contrairement à lui, j'avais de la boue qui dégoulinait de mes cheveux.
« Je te l'avais pourtant dit de rester accroché à moi! »
Il rit encore et m'énerva tant et si bien, que je pris une bonne louchée de boue dans ma main, et la lui écrasait sur le visage. Elle coula sur sa chemise, et vint s'écraser mollement sur le sol.
« Très drôle Clara, je suis mort de rire!, grogna Cadèl en essuyant nonchalamment son visage maculé de gadoue, Si tu as fini tes pitreries, on peut peut-être se mettre en route!
-Tu dis ça parce que tu es vexé! » m'exclamai-je, mais il ne me répondit pas. Il nous reposa tous les deux par terre et commença à avancer dans la vase. Je le suivis avec quelques difficultés. J'avais l'impression de me déplacer dans des sables mouvants tant la marche était pénible. Nous marchâmes pendant plusieurs heures, et plus le temps passait, plus je commençai à désespérer. Tout se ressemblait autour de moi, et j'avais le sentiment de plus en plus grand que l'on était perdu. Nous progressâmes la plupart du temps dans des marécages, où l'on trouvait parfois avec un peu de chance un peu de terre sèche pour marcher. Si déjà notre arrivée n'avait pas été très discrète, notre trajet le fut encore moins. Entre toutes les fois où je criais en voyant une ombre bouger dans un fourré ou en prenant un caillou pour un piranha, où Cadèl jurait en trébuchant sur une racine, où je me plaignais d'être perdu et où Cadèl grommelait qu'il savait où il allait, toute la jungle devait être au courant de notre venue. Si il fallait être silencieux pour trouver les fées, c'était loupé! Au bout d'un long moment, nous sortîmes enfin de la forêt tropical et débouchâmes sur les rives de l'Amazone. Il y avait un peu de terre sèche sur une colline proche et nous nous y perchâmes avec soulagement. Le soleil commençait à se coucher et l'air rafraîchissait. En claquant des doigts, Cadèl parvint à dresser une tente sommaire et à faire apparaître un peu de pain. Mais l'appétit me manquait. Je songeai à Marine, à Mme Desmars et même à Mme Pinseq. Je ne risquai pas de les revoir avant un bon moment. Je n'avais même pas pus prévenir Marine que je partais. Je sentis les bras de Cadèl se resserrer autour de mes épaules et son souffle chaud sur ma joue. Il me réconforta d'une voix douce et rassurante et m'assura qu'il serait toujours là pour moi. Il déposa ensuite un léger baiser sur ma tête et me donna une claque dans le dos. Il faisait toujours cela lorsque je n'avais pas le moral. Et souvent l'instant d'après, il m'emmenait faire les boutiques et m'offrait un petit cadeau pour me redonner le sourire. Mais cette fois ci, il me recommanda simplement d'aller dormir un peu.
« Tu as eu une journée éprouvante, aujourd'hui. Ne t'en fais pas, je vais monter la garde. Aucun piranha ne viendra te dévorer pendant ton sommeil, sois en rassuré. »
Il me fit un sourire moqueur et s'installa non loin de la tente, sur une chaise qu'il avait matérialisé pour l'occasion. Il fit apparaître un bâton de pèlerin, une simple branche taillée en pointe qui s'avérait particulièrement efficace contre les brigands. Il fit quelques moulinets avec, puis commença à fixer l'horizon sans rien dire. Je fis de même quelques minutes, tendant l'oreille pour capter un son intrus. Mais, étrangement, il n'y avait pas le moindre son et, loin de me rassurer, cela m'effraya. J'allai rapidement me réfugier à l'intérieur de la tente, bien au chaud dans mon sac de couchage. Je distinguai vaguement la silhouette de Cadèl à travers la toile, et celle de son bâton qu'il tenait fermement à la main. Je constatai alors que je tombai de sommeil. Mes réflexions nostalgiques et la marche fatigante dans la jungle avait été comme un remontant pour mon corps, mais maintenant que je me sentais de nouveau en sécurité, j'avais besoin de dormir. Mais en même temps, j'avais bien trop peur de rêver de Lui, de son rire guttural et angoissant, de son visage plongé dans l'ombre et de son couteau ensanglanté. Sans même m'en rendre compte, je commençai à pleurer, de peur comme de haine, puis, bercé par la voix de Cadèl qui chantait une chanson dans une langue inconnue, je finis par m'endormir.
Je me réveillai un peu plus tard, après un rêve éprouvant où Cadèl tuait ma mère. Je compris tout de suite qu'il faisait encore nuit, et cela m'inquiéta. Il n'y avait aucune lumière dehors, et je doutai que Cadèl n'est pas allumé de feu pour, non seulement se tenir réveillé et avoir chaud, mais aussi pour pouvoir surveiller plus facilement. Peut-être utilisait il un pouvoir helmique pour voir dans le noir? Cela me rassura un moment, mais le silence était un peu trop pesant à mon goût. Un peu effrayée, j'appelai.
« Cadèl? »
Je n'eu pas de réponse. Cette fois, ma confiance s'estompa. Je tâtonnais à l'intérieur de la tente, cherchant une lampe ou une bougie pour me procurer un peu de lumière.
« Cadèl, est ce que ça va? »
Toujours rien. Peut-être c'était il endormi. Je finis par trouver une lampe torche et braqua le faisceau de lumière là ou aurait du se trouver Cadèl. Mais il n'était plus là. La chaise était désespérément vide, et, au comble de la panique, je distinguais faiblement le bâton de pèlerin, abandonné à la hâte quelques mètres plus loin. Comme je n'avais pas pris la peine de me déshabiller, je n'eu qu'à prendre un pull pour sortir dehors. La lampe serrée au creux de ma main comme une arme, j'appelai plusieurs fois pour vérifier si il n'avait pas simplement été faire ses besoins. Mais je n'eu guère plus de réponses. Je balayai de lumière la chaise vide, le bâton posé d'une manière qui laissait croire qu'il avait été arraché à son propriétaire, et les débris d'un feu de camp que l'on aurait éteint précipitamment. Soudain, tout près, j'entendis quelqu'un rire. Un rire léger, aigu et joyeux. Un rire de petite fille. En tant normal, cela ne m'aurait rien fait, mais un rire de petite fille en pleine jungle amazonienne, dans l'état de panique où j'étais, sonnait comme les tristes violons des enterrements. Je dirigeais la lampe partout autour de moi, cherchant vainement une trace de la petite aborigène qui devait se demander si elle aller me manger crue ou cuit à point. Elle rit de nouveau, cette fois derrière moi. Mais lorsque je me retournai, aucune trace de l'enfant. C'est alors que j'entendis des voix, des voix douces et belles qui m'invitaient à les suivre. Ces voix féminines n'étaient pas celles de petites filles, mais de femmes et, étrangement, elles parvinrent à me calmer. L'une d'entre elle m'intima de me retourner, mais d'éteindre ma lampe avant. Aveuglement, je lui obéis. Alors, je compris qui était là. Elles étaient trois, toutes petites, avec de longs cheveux vert pomme, des yeux semblable à deux émeraudes scintillantes et une robe faite de feuilles vertes et jaunes. Elles voletaient à un mètre du sol grâce à leurs ailes transparentes, qui s'agitaient frénétiquement pour les maintenir en l'air. Émanait d'elle une lumière dorée qui me permettait de les voir dans la nuit. Des fées, de vraies fées. Celles pour qui Cadèl et moi avions marcher toute la journée, celles qui gardaient l'Émeraude, première pierre parmi les cinq. Je ne pouvais détacher mon regard d'elles, et cela les fit rire. Le rire de gamine que j'avais entendu, c'étaient elles. Celle du milieu, la plus grande des trois, qui avaient des reflets rose bonbon dans les cheveux, ouvrit grand ses bras et me fit un sourire angélique.
« Bonsoir, jeune humaine, susurra-t-elle d'une voix grave, Nous savons que tu nous as longtemps cherché. Nous sommes venues te saluer, noble étrangère.
-Te saluer, te saluer, te saluer...répétèrent les deux autres comme un écho dans les montagnes, leurs deux voix plus fluettes que celle du milieu.
-Je me nomme Pétale de Rose, se présenta celle aux reflets rose dans les cheveux, Et voici mes s½urs, Vent de l'Azur et Douceur de Soie. »
L'une d'entre elles, dont les ailes comportaient une tache bleue, s'inclina furtivement, et sa compagne la suivit, sa peau blanche évoquant effectivement de la soie. Je les imitai, ne sachant si je devais me présenter ou non. Mais Pétale de Rose ne m'en laissa pas le temps.
« Notre noble reine souhaiterait te rencontrer, jeune femme du monde des hommes.
-Hommes, hommes, hommes...répétèrent de nouveau les deux s½urs, mais cette fois ci, de la haine perçait dans leur voix.
-Nous aimerions que tu acceptes de nous suivre, belle fille de là-bas. Bien sûr, pour cela, nous devrons te faire subir quelques transformations, mais tu n'en seras que plus belle et ton visage resplendira tel le soleil à son levé. Avons-nous ton approbation, jeune humaine? »
Toutes se firent silencieuses et me fixèrent avec douceur, comme pour me montrer qu'elles ne me feraient aucun mal, quoi que je réponde. J'étais tenté d'accepter, car elles me plaisaient beaucoup, mais je songeais à Cadèl et mon inquiétude reprit le pas sur ma confiance.
« Pardonnez moi, noble fées, répondis-je, mais je dois avant cela retrouver mon ami, un jeune homme à la peau mat, aux cheveux noirs et aux yeux bleus. Ne l'auriez vous pas vu par hasard? »
Les deux s½urs fixèrent leur aînée, et je cru un instant lire de la peur dans leurs yeux. L'expression de Pétale de Rose se durcit légèrement et son ton se fit plus froid lorsqu'elle me répondit.
« Vous aviez un autre homme avec vous?
-Un autre? demandai-je avec surprise, Vous avez trouvé quelqu'un d'autre?
-Oui, un grand blond aux yeux jaunes. Vraiment effrayant. Il nous a longtemps résisté, plusieurs d'entre nous sont tombées (elle esquissa un bref signe de ses ailes. J'en déduis que c'était sa manière de prier ses morts). Mais finalement, nous l'avons mis au cachot. Il se débattait comme un beau diable, un très beau diable en l'occurrence. Il est rare que nous trouvions un homme aussi sublime et aussi terrifiant à la fois. On eut dit le diable en personne: il attire irrésistiblement, et pourtant c'est un poison pour quiconque l'approche d'un peu trop près. »
Je sentis mon sang se glacer. Je ne savais pourquoi, j'avais l'impression que l'homme qu'elles avaient capturées n'étaient autre que le SAM. Il avait compris ce que Cadèl et moi comptions faire, et il nous avait distancé. En même temps, à entendre la description de cet homme, le visage de l'assassin se précisait un peu plus dans ma tête. Il avait jusque là été flou, mais je me souvins avoir vu deux grands yeux jaunes sous le capuchon de l'assassin de ma mère, le jour même où il l'avait tué. Loin d'être rassurée par sa capture, je tressaillis en songeant que Cadèl était peut-être tombé sur lui et qu'il avait été tué. Les larmes me montèrent aux yeux, mais une autre évidence me frappa de plein fouet: si le SAM était dans les cachots des fées, dont il risquait de s'échapper facilement vu sa puissance, il serait non seulement très proche de moi, mais aussi de l'Émeraude. Une des paroles de Cadèl jaillit dans mon esprit.
« Une pierre possède suffisamment de pouvoir pour détruire une planète toute entière! »
Si l'Émeraude tombait entre ses mains, il n'hésiterait pas à détruire la Terre, puisqu'elle ne contiendrait plus rien d'intéressant pour lui. Il fallait absolument que je trouve la pierre, et que je mette autant de distance possible entre le SAM et moi. Et il fallait aussi que je retrouve Cadèl. Je m'apprêtai à partir dès maintenant à sa recherche, mais je su immédiatement que ce n'est pas ce que Cadèl aurait aimé que je fasse.
« L'humanité avant tout » aurait-il dit.
De plus, les fées attendaient toujours ma réponse. Alors, rassemblant tout mon courage et ma détermination, j'inclinai la tête en signe d'approbation. Elles commencèrent alors à tourner autour de moi à toute vitesse, m'aveuglant de leur lumière dorée et m'assourdissant de leur rire incessant. Soudainement, j'eu l'horrible impression d'être de plus en plus petite. Regardant vers le bas, j'étouffai un cri d'horreur: j'étais effectivement beaucoup plus petite. Je sentis soudainement une douleur inhumaine dans mon dos et hurlai de toutes mes forces. Mais les fées ne s'arrêtèrent pas et tournèrent de plus en plus vite, augmentant ma douleur et la distance qui me séparait du ciel. Puis, elles s'arrêtèrent brusquement, et la douleur cessa au même moment. J'haletai à toute vitesse, et voulu tâter mon dos pour trouver l'origine de toute cette souffrance. Mais, à ma grande surprise, mes mains touchèrent autre chose, une membrane fine et fraîche, légère comme une plume et fragile comme du verre. Je tournais légèrement la tête, et vis se mouvoir deux ailes transparentes comme du cristal, parcourues par de fines zébrures bleutées. Elles étaient magnifiques, et semblaient bouger lorsque je le désirais. Les trois fées se posèrent près de moi et je pu mieux voir leur visage parfait et leurs yeux qui me faisaient décidément beaucoup pensé à des émeraudes. Elles me sourirent avec douceur et leurs ailes frétillèrent de ravissement.
« Vous êtes très belle, jeune humaine. Mais vos vêtements ne correspondent pas tout à fait à ceux des fées. Quelle est votre couleur préférée, fille de l'autre monde?
-Euh...le bleu mais...
-Très bien. Alors ce sera bleu. »
Elle chanta d'une voix cristalline semblable à l'eau qui s'écoule dans un ruisseau. Aussitôt, une robe bleutée scintillante remplaça mon pull et mon jean. Je vis qu'une lumière azuréenne flottait autour de moi sous forme de petites poussières flottantes. L'une d'entre elle rentra dans mon ½il, sans me faire mal, et je compris à l'air émerveillé des trois fées que mes yeux avaient changé de couleur. Comme elles, mes yeux devaient avoir l'air de saphirs. Alors, elles s'envolèrent et m'invitèrent à les suivre. Je ne savais comment voler, mais je n'eu pas à chercher longtemps. Mes ailes battirent toutes seules et je m'élevai assez rapidement. Les trois fées s'éloignèrent, et j'eu simplement à penser à les rattraper pour me diriger vers elles. C'est ainsi qu'elles m'emmenèrent, lentement mais sûrement, jusque chez elles, dans le royaume des fées.
à la prochaine (surement pour le quatrième chapitre de l'Elue!) j'attends vos fics avec impatience.
